Les Manchots ont 30 ans

Ils ont 30 ans ! 30 ans de festoù-noz, de danses, de musiques. Carré Manchot, le fameux groupe phare souffle ses bougies en 2016 mais n’a pas pris une ride. Rencontre avant le rendez-vous du 30 Juillet à Lanvaudan.

Pouvez- vous revenir sur votre création ?
Tout a commencé en 1986. A l’époque, Rémi Martin a eu l’idée de créer une association nommée Losange Barbare, dans la région de Saint-Brieuc. Il s’agissait d’un collectif réunissant des musiciens de tout horizon ( trad, jazz, chansons…), des techniciens sons, des graphistes…qui se rencontraient, échangeaient, s’entraidaient dans le milieu de la musique : Connaitre un studio pour enregistrer, un graphiste pour faire une affiche, une  pochette de disque. L’idée était de créer des ponts entre plein de gens passionnés par la musique, par les musiques avec un nom en forme de clin d’œil à une autre forme de collectif qui existait à l’époque : les Cercles celtiques. Losange Barbare  a organisé quelques festoù noz dans la fin des années 80 dans le coin de St Brieuc. C’est à cette occasion que plusieurs musiciens de ce collectif se sont regroupés pour jouer sur scène. Et puisqu’ils étaient quatre, et qu’ils voulaient continuer avec leur jeu de mot avec une forme géométrique…Carré Manchot est né !carre-manchot

Carré Manchot en quelques chiffres, ça donne quoi ?
30 ans, 13 disques, 1500 fest-noz, 13 musiciens qui se sont enchainés

Comment expliquez-vous votre longévité ?
Je crois que la disponibilité de chacun d’entre nous compte beaucoup. On a toujours répondu présent. En plus de jouer ensemble, il existe une vraie relation amicale. On se connait bien, chacun est capable de faire la part des choses malgré nos caractères différents. En 30 ans, il en a fallu de l’énergie pour créer et apaiser toutes sortes de tensions. Chacun a un rôle bien précis, mais on ne citera pas de nom (rires). !

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Quel es
t votre meilleur souvenir de ces 30 dernières années ?
Sans aucun doute, la rencontre avec les musiciens de Lyannaj. C’est Hervé Le lu qui avait eu cette idée de jouer avec ce groupe. Il les avait rencontrés car ils étaient dans la même maison de disques que nous et lors d’un voyage en Guadeloupe, il leur a proposé de faire une création ensemble. Le producteur de l’époque nous a suivi, a parié sur ce métissage et il a eu raison. La création a été présentée à Cléguérec et les disques ont bien fonctionné. Le seul regret c’est que ces opus n’aient pas été retirés malgré les demandes du public. Une vaste affaire de rachats de droits qui nous est dommageable !

En règle générale, nos voyages à l’étranger restent des moments vraiment forts. On se souvient avec émotions de nos expériences au Cambodge ou au Turkménistan. A chaque fois, on a proposé de jouer avec des musiciens locaux et c’est comme cela que l’on a eu l’occasion de jouer avec l’orchestre royal du Cambodge par exemple ! Ce sont des expériences musicales et humaines vraiment enrichissantes !

Dans les meilleurs souvenirs, il y a aussi un fest deiz au Bon Barde à Rostrenen en 1996: la petite salle était pleine à craquer et la scène était plus basse que le plancher, ce qui avait contribué à créer une incroyable ambiance avec les danseurs!

On se souvient également de notre prestation à Brest en 1996, où c’était noir de monde. Jouer devant 50 000 personnes c’est intimidant !!

Au bout de 30 ans de scène, vous continuez à avoir peur de monter sur scène ?
A vrai dire, c’est très rare, à part dans ces moments exceptionnels. Mais il arrive parfois à certains d’entre nous d’avoir le trac sans trop de raisons. Ce sont des choses qui ne s’expliquent pas. Le tout est de ne pas emporter les autres dans notre stress !

Votre plus grand marathon de scènes?
Au cours des 30 années de scène, il nous est arrivé régulièrement d’enchainer 4 ou 5 festoù-noz ou concerts à la suite. L’an dernier, on a fait fort : Le Faouët le jeudi soir, le vendredi on jouait en Espagne en Cantabrie, le samedi après-midi, on participait à l’anniversaire d’Ampouailh et le soir même fest-noz à Moelan sur Mer! Ce genre d’épopées nous est arrivé de temps en temps, quand on répétait avec le Bagad Quimper ou quand on voyageait en Guadeloupe par exemple.

Avez-vous remarqué une évolution des festoù-noz depuis 30 ans ?
Je pense que l’engouement pour le fest-noz a diminué depuis une dizaine d’années. Il n’y a plus autant de jeunes à danser, moins de gros festoù-noz. Ce qui saute vraiment également aux yeux c’est la diminution des budgets des organisateurs. A la fin des années 90, il y avait une sorte d’insouciance, le fest-noz connaissait son heure de gloire et beaucoup d’associations, même celles qui n’avaient aucune relation avec le monde de la musique traditionnelle organisaient des festoù-noz. A l’époque, il n’y avait pas de festoù-noz un samedi soir à moins de 800 entrées et la buvette tournait sacrément plus ! C’était une festivité qui rapportait de l’argent aux organisateurs ! Actuellement, ceux qui continuent d’organiser des festoù-noz sont des gens qui veulent vraiment organiser ce genre d’événements, même en prenant des risques, mais sans toutefois mettre leur structure en péril financièrement. Il faut que leur budget s’équilibre sur plusieurs années !
Le nombre de festoù-noz a commencé à baisser en 2002-2003, ce qui correspond aussi au changement du statut d’intermittents du spectacle. Il nous a fallu avoir autant d’heures, mais en moins de temps. Le fait que le GUSO apparaisse aussi à la fin des années 90 a fait que les organisateurs ont dû se mettre à déclarer toutes les charges. Mais est-ce que cela a un lien réel sur le nombre de fest-noz ?

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Est-ce que cette baisse d’intensité a eu des conséquences sur les musiciens ?

Je pense que depuis une dizaine d’années, environ 30% des musiciens de fest-noz a renoncé à leur statut d’intermittent du spectacle. Ils ont trouvé un autre statut, ou un autre métier ! Un autre phénomène que l’on a vu se développer sont les groupes qui fonctionnent en association. Dans ce cas, ils demandent une indemnité globale et les musiciens se font rembourser de leurs frais. Cette organisation ne nous gène que quand il s’agit d’un groupe qui tourne vraiment beaucoup, parce que cela crée une concurrence financière. C’est une sorte de black dissimulé ! Du coup, les groupes composés d’intermittents coutent 2 fois plus cher, puisque l’organisateur doit payer les charges.
Carré Manchot a globalement été préservé de cette baisse parce qu’on avait vraiment beaucoup de dates à l’époque, mais on a remarqué qu’on n’avait par exemple de moins en moins de dates en double, de week-end où il fallait qu’on choisisse entre deux festoù-noz !

Le seul avantage de cette baisse, pour nous musiciens, c’est que cela nous laisse plus de temps pour participer à d’autres créations ou groupes. A part Patrick (chant), on participe tous à d’autres formations. C’est certes un inconfort parce qu’on ne sait pas si on va réussir à avoir suffisamment d’heures pour avoir notre statut mais c’est aussi un vrai plaisir de changer de répertoire.

Est-ce que cette situation influence votre création au sein de Carré Manchot ?
Bien entendu ! Quand tu joues avec d’autres musiciens, tu prends leurs arrangements, tu t’inspires d’autres choses. Yann Loic (accordéon) fait du classique depuis quelque temps et maintenant on fait une valse de Chopin !! Toutes ces influences se ressentent forcement !

L’année 2016 s’annonce chargée. Racontez-nous !
La première étape sera la sortie du 13ème album au printemps. Il sera composé de morceaux de festoù-noz, peut être une marche. Rien n’est encore bouclé complètement. On aura quelques invités : Marcel Guillou au chant, Felix le Pennec au bodhran… Pour nous les 30 ans était une occasion de nous retrouver en studio pour enregistrer un disque. On n’envisageait pas de faire un disque live parce qu’on a envie de conserver cette spontanéité du fest-noz et que quand on sait qu’onest enregistré, on fait plus attention à ce que l’on joue !

Et puis, point d’orgue de 2016, un énorme fest-deiz / fest-noz le 30 Juillet à Lanvaudan. On avait envie de nous retrouver avec les copains, faire une jolie fête tous ensemble. 12 heures de danses sur un plancher ! L’association Terres Fertiles nous file un gros coup de pouce pour l’organisation ! On espère que les danseurs seront au rendez-vous ! Depuis 30 ans, notre relation aux danseurs est ce qui nous donne envie de continuer. On adore cette osmose.

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