Régis Huiban présente « Mille boutons »

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Régis, tu as déjà un long parcours depuis tes débuts à l’âge de 6 ans dans la fanfare du Faouët … Un parcours que tu marques toi-même par 3 grandes périodes. Tu peux nous en dire un peu plus ?
En ayant appris l’accordéon chromatique en école de musique à Quimperlé (29), je me suis vite retrouvé sur scène pour faire danser les amateurs de valses, javas, tangos et autres danses de salon. Le répertoire musette a donc été joué en premier jusqu’à ce que je m’intéresse à la musique bretonne, notamment celle qu’on retrouve en fest-noz. Cette fois, les gavottes, les laridés, les andros ont pris la place. Enfin, c’est le vocabulaire du jazz qui m’a tenté, celui qui m’a permis, au fil des rencontres avec d’excellents musiciens, d’improviser sur la musique traditionnelle bretonne, mais aussi de composer, pour aujourd’hui me retrouver sur scène avec sur les genoux un accordéon « Trad no Trad ».

En solo, en duo, en quartet ou au sein de nombreux groupes très connus des danseurs comme Wipidoup, Skolvan ou Tan Ban Ti, en concert ou en fest-noz, tu explores de nombreux univers musicaux : c’est un choix de vouloir sans cesse te remettre en question ? Cela demande surement un gros travail artistique ?
Impossible de figer l’image sonore. La musique bretonne est d’une telle richesse que je ne peux me fixer un seul univers et l’instrument que je pratique offre de nombreuses possibilités d’interprétations et d’arrangements. La composition fait aussi partie de mon travail, cela va bien au-delà d’une remise en question. Les comportements sont bien différents selon que je joue en groupe, en duo ou en solo, j’aime beaucoup ces « changements de costumes ».

« Mille boutons », c’est ton dernier album tout juste sorti dans les bacs. Peux-tu nous le raconter en quelques mots ?huiban2
C’est une parenthèse « trad » en solo. Après plusieurs albums de création dans mon quartet ou avec Wipidoup ou Skolvan, j’avais besoin d’enregistrer le répertoire des anciens accordéonistes. Tous ces thèmes sont consultables à Dastum et en matière de défrichage, il est bon de noter le travail remarquable de Bernard Lasbleiz, entre autres.

J’ai trouvé important (et c’est aussi le bon moment) de poursuivre cette démarche de transmission. On y retrouve inévitablement les gavottes des célèbres Yves Menez, Jean Coatéval, Yves Gac, les danses Pourlet de Job Jobica Hingant, ou encore la danse Plinn d’André Maguet…
« Mille boutons », c’était aussi le nom donné au costume masculin du pays Pourlet.
Sur cet album, je joue également de l’accordina (genre de mélodica à touches boutons). L’instrument est rarissime sur la scène bretonne, et c’est une première sur un disque de danse bretonne.

Tu as une discographie impressionnante : 14 albums en tout dont le 5ème en solo après ton triptyque « Sans-sommeil, 1732 et Le Train Birinik » et ton album sur les danses du pays Pourlet si je ne me trompe pas ? Quel(s) est(sont) ton(tes) coup(s) de cœur ?
Le triptyque, c’est une aventure musicale de 10 ans avec mon quartet + des invités. Le plus intense a été l’enregistrement de l’album « Le Train Birinik » qu’on joue aujourd’hui en concert. J’ai bien aimé aussi travailler avec Gildas Le Buhé, Pierrick Tardivel et Philippe Gloaguen sur les disques de Wipidoup, surtout « Kail a Gorrion » destiné aux enfants.

En plus de ces albums, souvent en groupe, il y a eu quelques participations intéressantes avec Roland Becker (sur l’album Er roue Stevan) et plus récemment dans l’Idéal Jazz Menez (avec entre autres les accordéonistes Patrick Lefebvre, Jean Floch et Yann Le Corre).

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Pour terminer, un petit mot pour les adeptes de Tamm-Kreiz ?
Les musiques et danses bretonnes ont encore de beaux jours devant elles si l’équilibre se maintient entre petits lieux et grosses productions, si nos disques se vendent en direct et non en téléchargement illégal et si le live est préféré au virtuel. Au plaisir de vous voir sur les planchers cirés !

Pour en savoir plus :

Crédits photos : les 2 photos sont de Clémentine de Rechniewski et la pochette du CD « Mille boutons » est un cliché de Serj Philouze.

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